Quand quelqu’un me dit qu’il regarde un 3008, ma première question n’est jamais le budget : c’est de savoir de quelle voiture il parle. Depuis février 2024, deux 3008 très différents cohabitent sur le marché français, et celui qui a fait la réputation de confort du modèle n’est plus celui qu’on vend en concession.
Les points de bascule
- Gamme actuelle : Hybrid 145, Plug-in Hybrid 195, et E-3008 en 210, 230 ou 320 ch.
- Le Hybrid 145 est homologué à 111 g/km, soit 125 € de malus CO2 au barème 2026 : la version thermique la plus accessible n’est plus tout à fait exonérée.
- Le PHEV a doublé de batterie utile par rapport à l’ancien Hybrid 225, mais paie le malus au poids.
- Sur l’occasion, une génération 2 bien suivie reste une affaire, à condition d’assumer un Crit’Air 2 en diesel.
- 1 Deux voitures, un seul nom : ce que le badge 3008 recouvre aujourd’hui
- 2 Le confort : une réputation méritée, mais pas pour les raisons qu’on croit
- 3 La gamme 2026, motorisation par motorisation
- 4 Le vrai poste de dépense : le malus, pas le prix affiché
- 5 Face à la concurrence, et face à l’occasion
- 6 Les questions qu’on me pose en concession
Deux voitures, un seul nom : ce que le badge 3008 recouvre aujourd’hui
Le 3008 vendu neuf en 2026 n’est pas une évolution du précédent, c’est une rupture de plateforme. La deuxième génération reposait sur l’architecture EMP2 et affichait une silhouette de SUV compact classique. La troisième est passée sur la base STLA Medium du groupe Stellantis, avec un pavillon fuyant et une poupe de coupé que Peugeot appelle SUV Fastback.
Les cotes ont suivi : 4,542 m de long, 1,890 m de large, 1,641 m de haut, pour un coffre de 520 litres extensible à 1 480 litres. C’est plus long et plus large que la génération sortante, mais la ligne de toit descendante coûte de la garde au toit aux places arrière. Sur les grands adolescents, ça se sent. C’est le premier point que je fais vérifier en concession, avant même l’essai.
Le Peugeot i-Cockpit est toujours là, dans une version dite panoramique articulée autour d’une dalle incurvée de 21 pouces. Le principe reste le même que sur la génération précédente : petit volant, instrumentation regardée par-dessus la jante et non à travers. On aime ou pas, mais ce n’est pas un détail de finition, c’est une position de conduite. Il faut vraiment s’asseoir dedans avant de signer.
Le confort : une réputation méritée, mais pas pour les raisons qu’on croit
Ce qui fait le confort du 3008, ce n’est pas la suspension, c’est le silence de fonctionnement et la qualité des assises. Le filtrage reste bon sans être exceptionnel, surtout sur les grandes jantes. En revanche, l’insonorisation et le maintien des sièges tiennent la comparaison avec des modèles nettement plus chers, et c’est ce qui explique que les gens en ressortent convaincus après vingt minutes d’essai.
L’autre moitié du confort tient aux aides à la conduite, désormais fournies de série ou en pack selon la finition : régulateur adaptatif, maintien dans la voie, aide au stationnement. Sur un long trajet, c’est ce qui fait la différence à l’arrivée, bien plus que la puissance affichée sur la carte grise.
La gamme 2026, motorisation par motorisation
Trois familles techniques cohabitent, et le malus les sépare autant que le prix. Voici les repères relevés sur les fiches techniques et les essais publiés par la presse spécialisée.
| Version | Architecture | Homologation | Malus CO2 2026 |
|---|---|---|---|
| Hybrid 145 e-DCS6 | 1.2 essence 3 cylindres + hybridation 48 V, boîte à double embrayage 6 rapports | 4,9 l/100 km, 111 g/km | 125 € |
| Plug-in Hybrid 195 | 1.6 turbo 150 ch + moteur électrique 125 ch, 17,8 kWh utiles | 93 à 97 km en électrique, 19 g/km | 0 € (mais malus au poids) |
| E-3008 210 ch | Électrique, batterie 73 kWh | 529 km WLTP | 0 € |
| E-3008 230 ch Grande Autonomie | Électrique, batterie 97 kWh | 700 km WLTP | 0 € |
| E-3008 Dual Motor 320 ch | Électrique, deux moteurs, batterie 73 kWh | Environ 500 km WLTP | 0 € |
Mon arbitrage, à froid : le Hybrid 145 pour qui roule peu et veut la mécanique la plus simple, le PHEV 195 uniquement pour qui a une prise à domicile et fait moins de 80 km par jour, l’E-3008 pour les gros rouleurs qui rechargent chez eux. Un hybride rechargeable jamais branché consomme plus qu’un thermique équivalent : il traîne sa batterie pour rien.
Le vrai poste de dépense : le malus, pas le prix affiché
C’est là que je vois le plus d’acheteurs se tromper. Le barème 2026 déclenche le malus CO2 dès 108 g/km, contre 113 g en 2025. Un 3008 Hybrid 145 homologué à 111 g bascule donc du mauvais côté, pour 125 € seulement, mais ce chiffre monte gramme par gramme selon les jantes et les options : un cran de plus sur la fiche d’homologation et la facture grimpe.
Le malus au poids est le vrai sujet sur le PHEV. Il se déclenche à 1 500 kg, avec un abattement de 200 kg pour les hybrides rechargeables. L’Argus relevait 1 540 € au titre du poids sur le Plug-in Hybrid 195 dans son essai du 20 octobre 2025, au barème de l’époque. Demandez le montant exact de la version précise que vous configurez, pas celui du modèle en général.
Côté aides, seule la version 100 % électrique peut prétendre à la prime « coup de pouce » qui a remplacé le bonus écologique le 1er juillet 2025, et qui exclut désormais les hybrides rechargeables : j’ai détaillé le fonctionnement des aides à l’achat d’une voiture électrique dans un article dédié, parce que les conditions changent plusieurs fois par an.
Face à la concurrence, et face à l’occasion
Le Volkswagen Tiguan reste la référence de rigueur sur ce segment, le Kia Niro joue la carte de la garantie longue, et le Citroën C5 Aircross propose une approche du confort plus moelleuse, sur une base technique proche depuis qu’il partage la même plateforme. Dans la même famille de SUV compact familial, le Nissan Qashqai reste l’alternative la plus fréquentée par les acheteurs qui hésitent avec le 3008.
Et il y a l’occasion. La génération 2 arrive en masse sur le marché, souvent issue de flottes. Le PureTech 130 exige un historique d’entretien irréprochable, le BlueHDi 130 reste sobre mais classé Crit’Air 2, ce qui devient un vrai sujet si vous circulez dans une zone à faibles émissions. Les ZFE sont toujours en vigueur : leur suppression votée en avril 2026 a été censurée par le Conseil constitutionnel le 21 mai 2026.
Les questions qu’on me pose en concession
Le 3008 III existe-t-il encore en diesel ? Non. La troisième génération est entièrement électrifiée. Pour un 3008 diesel, il faut se tourner vers la génération précédente, en occasion.
La batterie du PHEV suffit-elle pour les trajets domicile-travail ? Avec 93 à 97 km homologués et 78 km relevés sur route par L’Argus, oui pour la grande majorité des trajets quotidiens. Sur autoroute, comptez plutôt 62 km : c’est le contexte où l’écart entre l’homologation et le réel se creuse le plus.
Faut-il viser l’E-3008 73 kWh ou 97 kWh ? Le 73 kWh couvre déjà 529 km WLTP, ce qui suffit à un usage régional. Le 97 kWh se justifie si vous enchaînez les grands trajets autoroutiers sans vouloir vous arrêter, sachant que la consommation autoroutière ampute toujours sévèrement l’autonomie annoncée.
Un 3008 se loue-t-il facilement en courte durée ? Oui, il fait partie des SUV compacts courants dans les flottes de location. Vérifiez juste quelle motorisation vous est attribuée : un PHEV loué sans possibilité de recharge est le pire des deux mondes en consommation.
Sources : fiches techniques du Peugeot 3008 II et III (dates de production, volumes, dimensions, coffre, homologations WLTP et CO2) ; L’Argus, essai du Peugeot 3008 Plug-in Hybrid 195 publié le 20 octobre 2025 (batterie 17,8 kWh utiles, 93 à 97 km WLTP, 78 km relevés sur route et 62 km sur autoroute, malus au poids de 1 540 € au barème 2025) ; L’Argus, fiche technique de l’E-3008 Électrique 230 ch batterie 97 kWh en finition Allure ; Caradisiac, essai du 3008 Hybrid 145 pour les consommations mesurées ; barème du malus CO2 applicable au 1er janvier 2026 (déclenchement à 108 g/km, 125 € à 111 g/km) ; décision du Conseil constitutionnel du 21 mai 2026 sur les ZFE. Les tarifs catalogue, les finitions et les montants d’aides évoluent plusieurs fois par an : faites établir un chiffrage daté avant de vous engager.




